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 Doutes et malédiction

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Louve glaciale
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MessageSujet: Doutes et malédiction   Sam 14 Mai 2011 - 16:23

Suite de : Rejoindre les étoiles



Impossible de me rendormir.

Je sens la fatigue dans tous mes membres, épuisée encore par ma soirée passée avec Helevorn… Je n’ai réussi à me remettre des tensions physiques qui parcourent encore délicatement mes muscles suite à notre étreinte pour le moins… passionnée. La honte m’a traversée un instant quand je me suis rendue compte à quel point mon corps s’était serré au sien dans l’inconscience. Mon bras l’enlaçait de manière possessive, mes jambes se mêlaient aux siennes, ma poitrine reposait en partie sur son large torse tandis que ma tête se nichait au creux de son cou quand j’ai ouvert les yeux.

Prenant sur moi, j’ai réussi à ne pas bouger malgré mon angoisse à me retrouver dans telle position. Inhabituelle. Pour ne pas le réveiller, je me suis concentrée sur son souffle régulier pour y caler le mien. Chacune de ses respirations se brise dans ma chevelure telle une brise apaisante. Eolia. Après quelques secondes affolées, mon cœur a remporté la victoire sur sa course. Les battements se sont peu à peu calmés tandis que j’inhalais ses suaves fragrances d’homme. Une telle virilité. Une sensation agréable de protection pour une femme qui n’a que trop pris l’habitude de fuir. Enfermée ainsi dans l’étreinte de ses bras dont je sens la chaleur le long de mon dos, je ne pensais pas parvenir à trouver telle quiétude.

Pour la première fois depuis longtemps, épuisée dans ma chair, mes idées me paraissent parfaitement claires. Satisfaite peut être d’une frustration dont je devais porter la croix depuis trop longtemps, heureuse d’avoir laissé libre cours à mes pulsions les plus primaires, d’avoir abandonné la maîtrise permanente que je m’imposais, tant au niveau physique que psychologique. Réduites à néant des années de travail sur ma personne… Des jours passés à feindre la plus profonde indifférence. Des semaines passées à me convaincre de ma propre fuite, de ses bienfaits, des avantages à maintenir une barrière permanente à l’égard des autres.

Balayées les craintes. Dévastées les angoisses. Piétinée la maitrise. Être de sensations, de sentiments, déserté par une raison trop peu préparée à tel bouleversement. Le temps d’une soirée, l’oubli le plus total. Qui aurait pu prévoir qu’il aurait une telle emprise sur ma personne ?

La relation avec un homme est une étrange chose. Cette dépendance qui s’instaure entre les amants, ce besoin que j’éprouve désormais de me lover contre lui, au mépris des risques auxquels je m’expose. Mon cœur, pourtant fermés à tous, s’accélère immanquablement lorsque mes souvenirs se portent sur ses prunelles émeraude. Les promesses que j’ai pu y lire dans la soirée ont réveillé en moi des instincts bien trop enfouis. A cette évocation, je sens mes joues s’empourprer violemment. Les réminiscences de notre étreinte sont encore trop récentes pour que je puisse y penser sans éprouver plaisir et honte.

Plaisir tout d’abord, car jamais je n’aurais cru possible que mon corps réagisse à ce point. J’ai pris énormément de sensations, tant dans ses caresses que dans mes propres jeux pour pousser sa résistance à bout. Mes désirs de nécromancienne que j’avais jusqu’alors fermement repoussés ont trouvé une occasion inestimable de s’exprimer, bien qu’encore faiblement. Des années de maîtrise ne peuvent disparaître en une simple soirée, si tentateur que soit mon amant. Et je pense que j’en ai trouvé un très doué dans ce domaine.

Le fils de la luxure…

La honte éclipse néanmoins une partie de ma béatitude. La perspective de me trouver de nouveau face à lui me semble insurmontable. Comment oserai-je encore le regarder dans les yeux après tout ce qu’il s’est passé ? Avoir fait montre de tant de dépravation, et même si je ne doute pas un instant qu’il ait goûté avec délectation à mes dérapages, me paraît indigne de l’image que je m’étais faite de moi. Ma détermination de ne lui céder qu’en échange d’un début de promesse sur ses sentiments a volé en éclats à sa première tentative.

Assurément, mon corps m’a trahie. Moi qui pensais pouvoir garder empire sur ma raison, je n’ai pas tenu un seul instant face à ses murmures enjôleurs, ses caresses délicates… Pourvu qu’il ne se rende jamais compte de l’effet déplorable qu’il a sur tout mon être, de l’emprise qu’il possède sur mes sens… Ce serait un véritable désastre s’il l’utilisait, non seulement devant d’autres personnes, m’enfonçant dans une ignominie à laquelle je ne suis pas prête à faire face, mais aussi dans l’intimité, me convaincant j’en suis certaine du moindre de ses désirs pour peu qu’il sache adresser les pressions adéquates au bon moment. Et il a eu plus de deux cent ans pour apprendre à le faire.

Un demi-démon.

Enlacée contre son sein avec douceur, il est si facile d’oublier qui il est. Alors que je me love dans la tendresse dont il est étonnamment capable avec moi, il n’est qu’un homme faillible et dicté lui aussi par ses sens. La peur devrait m’étreindre. Elle est effectivement présente d’une certaine manière. Qui suis-je pour prétendre défier un tel être, pour me jouer de lui dans des provocations toujours plus enivrantes ? Car tout ceci n’est qu’un jeu au fond… N’est-ce pas ?

Quant à ses sentiments… Pareille créature peut-elle en connaître ? Peut-elle seulement goûter à la sincérité d’une affection, à la rémission complète à l’autre dont me parlait maman en son temps ? Sa galanterie ne doit être qu’une ruse pour séduire les femmes. Je ne suis qu’une de plus dans l’étendue de ses conquêtes. Assurément les promesses qu’il trahit dans son regard ne sont là aussi futilités de sa personne destinées à envoûter les frêles demoiselles dont il doit aimer à se repaitre. Il n’est pas un homme fréquentable. Dois-je écarter tout espoir de le faire mien ? Cela serait la solution la plus sage. Là où tant ont du essayer, qui suis-je pour prétendre avoir une chance ? Ignorante des jeux de l’amour, je ne suis certainement pas la plus à même de parvenir à mes buts. Buts que je dois d’ailleurs étouffer.

Je dois repousser tout sentiment à son égard. Si j’ai été trop faible pour lui céder mon corps, je refuse qu’il se délecte aussi de mon cœur. Je n’aurai pas le courage de le voir jouer de mon attachement pour lui. Je n’en aurai pas la force. Désormais convaincue de la perversion répugnante de mon être, je céderai probablement encore à ses avances charnelles si d’aventures elles devaient se produire à nouveau, mais tenterai d’ériger de solides remparts à mon affection. Je n’ai pas la volonté nécessaire pour tenir tête à ses implacables tentatives de séduction…

« Fimine me garde d’une telle malédiction ! »

Les quelques mots ont échappé à mes lèvres. A peine murmurés, ils résonnent pourtant étrangement dans la pièce silencieuse. Fimine, désormais mère de ma destinée, femme habile dans de tels jeux est la seule puissance vers laquelle je peux porter mes vœux sans crainte.

Tomber amoureuse d’Helevorn me mènerait assurément à ma perte. Me convaincre que notre relation ne peut être que physique. Ne m’envisager que comme une amante supplémentaire parmi ses conquêtes. Y parviendrai-je ? Serai-je assez forte pour ne pas m’éprendre d’un être dont chaque détail, chaque expression est une invitation au vice ?

Je l’ignore.
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MessageSujet: Re: Doutes et malédiction   Mer 1 Juin 2011 - 23:09

Suite de Prétexte



Nouvelles heures sans sommeil. Impossible de me concentrer sur la moindre tâche sans être irrémédiablement détournée par de sombres ruminations. Les songes ne sont propres qu’à me ramener à des images que je souhaiterais bannir, soit qu’elles me représentent mes désirs enfouis contre lesquels je mène une lutte constante, soit qu’elles me renvoient au visage mes doutes et mes peurs.

La faim m’a désertée. Les mets ont pris un fumet repoussant et une saveur proche de la terre. Mon estomac semble en outre s’être décidé à ne plus rien accepter, m’ayant clairement prouvé et exprimé son mécontentement quand j’ai eu la mauvaise idée de tenter le forcer.

Les hommes ne me réussissent vraiment pas. Celui-là en tout cas. Deux fois déjà que je connais un tel état, un tel mal-être par sa faute. Ce qui m’inquiète particulièrement. Je rumine actuellement ce que je considère comme une trahison, suffisamment remontée contre lui pour ne pas le regretter. Quand mon ire sera retombée, me hantera-t-il à nouveau comme cette première fois ? Jusqu’où suis-je attachée à lui ?

Relation purement charnelle aurais-je envie de dire. Si seulement c’était le cas… Je n’aurais ainsi qu’à trouver une alternative, un substitut qui me permette de passer à autre chose. Mon ressenti n’aurait alors été que celui d’une femme vexée de n’avoir pas été suffisante.

Je doute qu’un tel sentiment m’aurait anéantie à ce point. Je dois me résoudre à admettre qu’il y a plus entre nous, de mon côté du moins, qu’il a su toucher mon cœur par ses mots, par ses gestes, et que mon imagination fertile s’est chargée du reste. Je sais qu’il n’est pas fréquentable, mais je ne peux raisonner mon cœur. Je savais qu’il était dangereux. Je savais qui il était. C’est de mon côté que j’ai fait une mauvaise évaluation, sur la qualité même de mon attachement. Je pensais être à même de plus de discernement, être capable de m’offrir sans succomber.

J’étais trop peu commune à ce genre de chose. J’ignorais trop la folie des sentiments, leur irrépressible appel, leur incroyable force. Brisée, j’ai fait confiance au premier qui a tenté de me connaître, qui m’a tendu la main. Perdue, j’ai suivi sa voie, reconnu sa voix comme pouvant être celle d’un ami qui a vite tourné à l’amant. J’ai cru maitrisé le jeu quand il avait en réalité l’ascendant sur moi durant tout ce temps.

Je ne sais comment, par quelle force j’ai réussi à me tenir face à eux quand je les ai rencontrés. J’ignore quelle ressource j’ai appelé en moi pour ne pas tomber immédiatement. Les événements m’ont endurcie plus que je ne le croyais, malgré ma sensibilité toujours si développée. J’aurais pu parvenir à me reconstruire convenablement si ce nouvel élément n’était venu tout détruire.

A peine avais-je quitté la vue de la clairière que je me suis effondrée dans l’herbe. Certaine qu’ils avaient tous deux pris rapidement la fuite, j’ai laissé libre cours à mes larmes, à mes cris. Repliée sur moi, j’ai laissé échapper toutes mes rancunes, j’ai maudit tout ce que je pouvais. Surmontée par ma peine et ma colère, j’ai agonisé un long moment, m’étouffant dans mes sanglots, subissant les convulsions de douleur.

Ma neigeuse seule m’a permis de me relever. Au travers d’un sursaut de conscience, j’ai réussi à l’empoigner pour dessiner une estafilade sur la paume de ma main. Mon sang, son parfum, sa texture ont réussi à me tirer un instant des griffes du chagrin. Grisée par ma douce folie, j’ai pu rejoindre ma chambre où j’ai passé ma première mauvaise nuit.

Depuis, je ne vis plus. Des dizaines de fois, j’ai refait l’histoire. J’ai repensé à tous les détails qui auraient du me mettre sur la voie. J’ai imaginé ce que j’aurais pu dire ou faire pour ne pas tomber dans une telle impasse. Sans succès. Tout refaire est impensable. Les événements se sont déroulés désormais, il me faut les accepter. Il me faut ériger de nouveaux points de repères moins douloureux. Il me faut rénover les barrières de mon indifférence. Eloigner Helevorn de ma vie afin qu’il ne m’embrouille plus.

J’en souffrirai assurément, mais le mal sera moindre. Il me faut le blesser. Il faut qu’il croie à mon indifférence. Je ferai la part belle à la garce mais ma haine à son égard vaut moins que mon propre équilibre. De toute façon, si j’ai bien compris ce qui s’est déroulé, elle ne pourra être heureuse. Perverse satisfaction. Mais il n’est pas temps de penser à elle. Pas maintenant. J’ai déjà assez de mal à garder ma santé.

Je dois m’armer pour accueillir Helevorn au mieux lors de notre prochaine rencontre. Etre prête à lui envoyer à la figure toute ma haine, tout mon ressenti sans qu’il n’y voie ni mon affection, ni mon désir. Trouver un état tel que mes inhibitions soient levées afin d’être au plus désagréable avec lui. Sans lui sauter dessus toutefois… Ce qui serait envisageable sans aucun contrôle.

Je n’arrive à le haïr complètement. Toujours des excuses que je trouve à son comportement. Sa nature, ses pulsions, son caractère. Je n’ai reçu nulle promesse.

Mon esprit se rebelle contre ce que désire mon cœur. Je ne peux accepter tel traitement ! J’ai été atteinte par sa duplicité. J’ai du réfléchir et faire des concessions sur ma personne pour m’en remettre. Je ne dois pas me rabaisser à tel comportement !

Encore troublée dans mes pensées, sans avoir fait de réel choix, je décide de quitter cette chambre où je me morfonds. Un bon épuisement physique qui me permettrait de sombrer enfin dans une douce inconscience. Je me jette au dehors. Courir pour oublier. Courir pour m’affaiblir. La forêt et son apaisante présence. Je me noie dans son doux réconfort. Nul besoin de tant de choses. Je dépose mes bottes au pied d’un arbre, accroche à une branche basse ma besace ainsi que ma cape. Pieds nus, vêtue seulement de ma robe, je m’élance dans les sous-bois, chantant à tue tête, riant et dansant pour tenter de tout bannir.

Mes poumons brûlent délicieusement du manque d’air. Mon cœur bat avec intensité, provoquant une douleur entre mes côtes à chaque nouveau ravitaillement de sang. Ma tête tourne à force de sauter et danser en tous sens. Peu m’importe. Je me sens vivante. Je sens chacun de mes muscles jouer sur ma peau. J’entends le son de ma voix vibrer dans l’air. J’écoute mon rire cristallin se briser en de délicieux éclats qui se répandent alentour.

Peu m’importe de croiser quelqu’un. Je suis peut être devenue folle au fond.
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