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 De l’autre côté de La rivière

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MessageSujet: De l’autre côté de La rivière    Mar 10 Jan 2012 - 10:52



En ce lieu, le calme règne et rien ne semble pouvoir le troubler. La lune pleine se laisse contempler dans les cieux. Cependant, elle semble bien blafarde, aucun éclat ne la transgresse. Elle n'apparait pas dans les profondeurs ondulantes de la rivière, tout est calme, bien trop ... Comment peut-on observer une telle séparation de puissance en un quasi même endroit ?

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Ignis
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Mar 21 Fév 2012 - 22:06

Trainée à même le sol, tailladée, jusqu’à plus soif, Dissciple, en émoi. Il mène la danse, macabre cavalcade, et j’acquiesce. Je l’éloigne, loin, de ceux qu’il peut atteindre. Point ne le fait pour leur salut, mais uniquement par devoir envers les étoiles. Ceux qui ne sont point astre de nuit, ils peuvent crever pour apaiser l’obscurité. Qu’ils trépassent pour ne laisser qu’ombre d’un mouvement au sein même de notre campement.

Le temps et l’espace s’amenuise sous mon passage. Tel un ouragan de boue, ce qui m’entoure défaille. Il ne me lâchera guère tant que la morte ne m’aura pas cueillie. Cela peut prendre encore une poignée de secondes, de minutes … d’heures.

Mes pensées s’embrument, les visages se dévoilent, dans cette exaltation je parviens à comprendre ce qu’ils sont. Tous autant qu’ils sont. Rien ne m’échappe. Au seuil de mon trépas, je recueille les lendemains. Comme si tout cela mettait un terme à mon existence. Une étincelle de vie, encore brille. Je n’ai point accomplis ce pourquoi je suis encore ici. Alors, dans un dernier regain d’énergie, je serre davantage ma dague dans ma main. La Terre m’escorte, puis se fait alliée en ramollissant son sol, pour que j’y plante mon coutelât.

La seule occasion. Et maintenant, elle se présente. Il n’y en aura guère d’autres.

Dans un geste brusque, je retourne la pointe de mon poignard, et réussis à la planter fermement dans le sol. La surprise le gagne, ses yeux en témoigne, alors, un sourire mesquin s’empare de ma bouche. Dans la violence de l’arrêt infligé l’entité me lâche, je retombe lourdement sur le sol. Cela me laisse moins de quelques secondes pour agir. Je me saisis de l’autre dague que je dissimule là ou personne sans y être invité n’y poserai une main. Quoique ….

Est-il vraiment l’heure de s’inquiéter de ceci ? Je m’évade, je pars, puis, je reviens.

Avant qu’il ne soit trop tard j’ouvre une main, me rue sur celle-ci avec mon arme que je tiens de l’autre, puis m’entaille la paume sauvagement avant de la plaquer à même la terre. Mes yeux se ferment, puis machinalement l’incantation s’en vient.

Fidèle sans chair, tu sais ce qu’il te reste à faire. Retarde-le le plus longuement que tu puisses. Si encore tu veux gouter à mon sang, fais ce que tu dois faire. Si tu disparais jamais plus tu ne t’enivreras de ce que je t’offre.

Je ne m’attarde point, ne risque guère de regarder par-dessus mon épaule. J’essaie de reprendre mes esprits, tout du mois de rassembler mes idées. La Brume est éparse ici. Je devine la rive un peu plus loin. J’ai plus qu’a essayé de la gagner.

Le temps presse.

L’ombre de ton ombre, silhouettes parsemée de ci, de là, sous le clair de lune. J’adhère à l’écorce, je fusionne avec le sol boueux. A couvert, j’avance sur la berge jusqu’à parvenir au point d’eau.

Je n’ai plus qu’à me décrasser avant que l’autre ne vienne me rejoindre.

Je m’agenouille au bord de l’eau, me lave les mains, avant de constater que je n’ai point belle allure. Le sang s’agglutine sur mes vêtements, sans compter la terre, que dis-je la boue …

Inutile de, et puis Au diable !

Je suis au calme, certes, mais point ne sait pour combien de temps. Alors, je m’enfonce dans l’eau entièrement. Au plus vite, il ne faut guère que je traîne …

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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Mer 22 Fév 2012 - 21:16

Une sombre silhouette se fondant dans le décor fait de brindilles éparses.

un étrange sanglot venu de nulle part …

Un enfant perdu ?

Un homme se meurt …

Entends-tu Ignis l’écho de cet ode funéraire ?

Il est là, tapi dans l’ombre, il ne sait pas comment il est arrivé ici. Il hurle à la mort. Appel la souffrance.

Dévasté ?

Perdu, il ne sait qui il est, qui il sera... Qui il a toujours été.

Viens en aide à Naxorm Sorcière.

Le vois-tu non loin de la berge ?

Va !
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Ignis
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Ven 24 Fév 2012 - 18:49

L’eau, fructueuse, lénifiante, agitée, venimeuse, j’y resterais bien plongée encore quelques instants. Et si je l’attendais, là, à ne rien faire ? A les laisser croupir sous leurs angoisses ? Et si je devenais sienne, les choses seraient plus aisées, L’envie … Elle reste là, et persiste. Mais encore une fois quelque chose m’en empêche … Je suis liée à ceux de mon peuple, et point ne peux laisser le tout s’envenimer davantage.
Un doucereux soupir se détache de ma bouche.

Je me relève, sort de l’eau, puis regagne le rivage. Mes sourcils se froncent, non-loin, une forme se détache du bord, une forme étrange si bien que l’on dirait qu’il s’agisse là d’un monticule de terre. Puis un son s’éparpille à même le souffle. Une bien étrange complainte à dire vrai. Je reste sur mes gardes, puis déchirant la nuit, un cri résonne. Un hurlement, qui me fait penser à une bête blessée.

Dans ma tête un millier de choses s’entrechoquent, j’analyse, je réfléchis, puis en fin de compte je n’ai point connaissance d’un animal faisant un tel bruit. Il ne me reste plus qu’à aller vérifier. D’un pas lent et gracieux, je prends la direction de la chose recroquevillée dans l’obscurité. A mesure que je m’approche, je constate que la forme se mue en une espèce de semi homme. Puis ensuite, je distingue un dos arrondis, des genoux replié … d’une tête reposant sur ceux-ci…

Je l’ai reconnu ….

Ainsi, le voici l’agneau égaré, le voici, celui qui se perd en contradiction, ainsi, le voici, celui que son obscurité dévore lentement.

Je secoue la tête légèrement, hésitant à m’agenouiller auprès de lui, ou alors lui mettre un bon coup de pied dans les côtes pour qu’il reprenne ses esprits. J’opte pour le premier choix, il a l’air déjà assez amoché.

J’approche alors ma main de sa tête. Pour savoir s’il est en transe, ou non, j’appuie ma paume contre son front, et le lui bascule en arrière. Mon visage s’approche du sien, et j’essaie de regarder dans ses yeux. Mes sourcils se haussent, tout à l’air plus ou moins normal. Je le lâche enfin, peut-être qu’une claque lui remettrais les idées en place …

Cela me fait sourire sarcastiquement. Bien que l’idée m’amuse je n’en fait rien. Du moins, pour le moment, si d’ici quelques secondes il ne peut émerger, il faudra bien agir. Ainsi il ne peut être utile.

Je tente quand même l’appel.

« Naxorm ? Naxorm …. »


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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Ven 24 Fév 2012 - 20:56

Personne ne vient m'achever, alors je crie. Encore.

Mes yeux sont encore dissimulés derrière mes paupières mais j'entends le clapotis propre à l'onde. Où suis-je ? Qu'importe, je suis seul. A nouveau. Et je dramatise. Comment ne pourrais-je pas le faire ? Mes intentions louables ce soir n'avaient provoqué que désastre pour ma personne. Entouré de compagnons impassibles, j'avais vu ce que la magie pouvait être.. Des êtres démoniaques m'avaient frôlé, blessé, meurtri et je n'étais plus que pleurs. Pleurs et haine. De nouveau j'avais été modelé par des volontés extérieures. Pantin perpétuel qui ne cessait de changer de main. Je me surpris à me prendre en pitié.

Naïvement je partis en quête de Naxorm une nouvelle fois, son rôle de guide et de bourreau plus jamais je ne le remettrais en cause. A cet instant ci, libre, j'aurais supplié pour que de nouveau on me marque du fer de l'esclavage. La liberté est douleur.
Parti, disparu ? Ou bien seulement reclus ? Avalé ? Mon front se strie, nouvelle interrogation qui vient meurtrir mon esprit torturé.

Si lui m'a quitté, alors.. La femme où est-elle ? Je l'appelle sans qu'aucun son ne perce de mes lèvres. Elle reviendra peut-être, certainement.. D'autres zébrures parent mon corps, sans les voir, je les sens. Je perçois ma lymphe s'écouler, le vent me mordre la chair là où le tissu a cédé, des pas se rapprocher. J'hallucine. Mes feuillus verts, je les veux. Là, de suite. Les rouges ne suffiraient pas. Un feu aussi, il me faut un feu. Un feu et beaucoup de feuillus verts.. Je m'assiérai au milieu du brasier et je respirerai la fumée. L'âcre fumée.. Je revivrais ou alors je m'égarerai plus loin encore.. Quoiqu'il en soit je les veux ! Amène les moi ! Au lieu de ça, la main s'attarde sur mon front. Bien sur que je sue, bien sûr que j'ai perdu le sens des réalités.. A quoi s'attendait-elle ? Je l'ignore et pourtant elle bascule ma tête, braque son regard dans le mien. Comment le sais-je ? Mais parce que mes yeux sont ouverts ! … ? Je la vois sans la voir. Bonsoir.

Elle me répond. A moi. Moi, Naxorm.

Appelle moi. Une nouvelle fois. Tu me fais exister femme.

Ma main tente de s'abattre violemment sur sa joue mais d'un geste souple elle m'empoigne le bras. Je l'ai effleuré. Je crois. Je le veux. Je suis éveillé. Je l'ai toujours été. Ma torpeur, je m'y complais. Va t'elle me donner la mort ? Je l'espère et la supplie d'un regard haineux. Frappe femme. Frappe.

Pourtant je sais qu'elle ne le fera pas. Sinon elle l'aurait déjà fait, elle a en horreur la faiblesse. Je le sens. Alors je joue. Je gémis, tout en empoignant le rôle de l'aliéné, j'augmente la tension dans mon bras. Une nouvelle fois, ma main effleurera sa joue. Laisse moi faire femme. Et contre toute attente.. Elle me résiste. Alors je surjoue, des larmes s'écoulent de mon regard hagard, mes lèvres tremblent. Acheve moi..
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Ignis
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Lun 27 Fév 2012 - 16:47

Toujours penchée sur lui, agenouillée à ses côtés, j’observe ce qui suit avec un air qui en dit long sur mon impatience. Dans son délire, il a essayé de frapper. J’ai réussis à le contenir, guère difficile quand l’autre est pris au piège dans d’incessants songes tortueux. Pour peu, je donnerais cher pour m’infiltrer dans sa tête pour savourer ce qui le persécute.

Bien, juste quelques secondes encore …

C’est une limite que je m’offre avant que ma main ne se décide à le malmener avec violence.

Si encore un instant, je m’attarde sur ses mouvements totalement désordonné, alors je constate qu’il ne se débat guère contre ce qui le tourmente. C’est étonnant vu le personnage. J’aurais plutôt pensée qu’en tant que bête égarée, il essaie malgré lui de retrouver son chemin…

Alors ….


L’ombre le gagne, et …

Non ! Je t’ai débusqué Naxorm. Ton regard change, et ta haine éclate. Que recherche tu ainsi à hurler pour que la mort te cueille ? As-tu peur de ta propre réalité Naxorm ? Vas-tu t’enfuir pour te précipiter dans cette eau pour t’y sacrifier? Non, il t’en empêchera. Et moi, point ne vais t’occire. C’est un cadeau bien trop cher pour que je te l’offre. Tu ne la mérite point.

Un changement s’opère, d’un extrême à l’autre, sans demi-mesure. Les muscles de son bras se crispent. Si ainsi, il continue, il me faudra les deux mains pour le maîtriser.

Une douleur aigue me touche sur la joue, pour la deuxième fois, il tente de m’atteindre. Cette fois-ci, il y est parvenu. Je suis surprise, ce qui donne d’autant plus d’attrait à cette exquise sensation de souffrance physique. Un frisson remonte le long de mon dos, puis un sourire carnassier se laisse apercevoir sur mes lèvres.

Tu veux jouer à ça Naxorm ?

Une rivière de larme pour abreuver le sol. Un rôle qui lui sied, pauvre martyre … Alors, je me penche à son oreille, d’un murmure, une slave de mots s’entrechoquent.

« Point tu ne sauras m’avoir Naxorm. Je devine ce que tu recherches. Laisse-moi donc te marquer pour que ton Enfer t’enlise. Douce folie, lorsque tout tu ravage sur ton passage… Abreuve-toi de la pénitence. »

Mes derniers mots s’appuient sur une brutale et mirifique lacération que je lui inflige tous ongles sortis sur sa joue vierge de blessures.

Un rire extatique s’échappe de ma bouche. Je m’apprête à me relever.

« Lève-toi Maintenant Naxorm, à moins que tu ne préfères attendre ici la faucheuse qui se détournera de ton appel… »

Dès lors, il est bien réveillé, j’en suis persuadée. Point ne pouvons oublier ce qui se passe en notre campement.



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Naxorm
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Dim 25 Mar 2012 - 20:56

Comme réponse à mes pleurs, elle m’offre la douleur. Une exquise douleur qui balaie avec fougue mes larmes.

Je perçois son regard lourd de sens, il pèse sur mes épaules d’aliéné. Je souris, je souris encore lorsque ses ongles impriment leur marque sur ma joue. Le sillon se trace dans le sang, elle ne retient pas son geste, le laisse au contraire s’épancher à loisir. Tracé d’artiste.

Le sel de mes folies s’insinue dans les brèches de son œuvre. J’ai mal.. Non. Je me refuse à me laisser aller à des douleurs humaines. L’argile de mon être ne s’est pas encore durci, alors en habile sculpteur je tronque, j’entaille, je modèle, je façonne ce moi, espérant silencieusement que mon ouvrage ne soit pas éphémère.

Alors qu’elle se relève, j’achève d’imprimer à mon visage un air rieur. Mes yeux encore rougis, qu’elle qu’en fusse la raison, se refusent à subir l’art de la métamorphose. De ma déception j’en fais une force, je change mes projets, et profite de l’aubaine pour l’accorder au carmin de mes joues. Parures tribales. Apparats exotiques qui chamarrent et habillent mon visage de désespéré. Je souris.
A la longue, je l’aurais. A terme, elle me tuera. A la fin, je disparaîtrais.

Elle se relève, je fais de même, le flot de mes larmes s’est tari. Elle me fait toujours face, mais peu à peu mon mouvement me fait la dominer. Mon regard se baisse pour rencontrer le sien. Petite femme. J’inspire difficilement l’air insipide, celui ci finit de graver en moi l’étrange conviction que je viens d’ailleurs. Un ailleurs.. Voire peut-être même des ailleurs..

Je suis définitivement fou. J’en suis conscient, et me complais à me laisser bercer par la folie qui m’habite, jusqu’à ce que, je le sais, celle des événements nocturnes me rattrape. Nebel. Un monstre. L’Enfer. Ses portes. La rédemption.. Inimaginable.

« Ton nom ? »

Plus une injonction, qu’une interrogation. Me l’a t’elle déjà donné ? .. Qu’elle me le redonne. Tout n’est de toute façon que répétition dans cette vie.

Je vis et j’oublie.
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Mer 25 Avr 2012 - 9:46

De ses entrailles résonnent la souffrance, une souffrance qu’il ne peut que dompter, car en son être, quelque chose le ronge. J’en ai connu des comme lui, je me suis donnée à ces êtres qui du profond de la terre s’enlise pour prendre une once de répit. Lui n’est point si différent. Il est possible même qu’il finisse par obtenir ce qu’il désire tant. Il est même probable que je ne sois plus là pour admirer de mes yeux le changement. C’est ainsi, sous la voute Céleste les desseins prennent vie, dans un rêve qui n’a guère rien d’illusoire tout sévit. Et ça, il ne peut le comprendre à moins qu’il tende l’oreille vers ces murmures qui jaillissent du firmament.

Enfin, il se relève, d’un air d’enfant meurtri, il s’élève et prend le visage d’un adulte maudit souriant à la fatalité. Il est bien plus grand que je ne le pensais. Je réfute à m’abaisser de sorte qu’il devienne les bras du monde. De mon Monde. Il n’a guère le droit de m’infliger ceci. Aussi, mon regard, se détourne, puis le lance vers d’autres horizons. Ce n’est que de courte durée, parce qu’il me demande mon nom. Point n’ai envie de lui répondre, je le méprise. Point n’ai envie de le regarder, car je retrouverai en lui, quelqu’un qui jadis m’a fait dangereusement vaciller. Je lutte contre cette envie soudaine de lui cracher au visage. Je me retourne tout de même, je l’ai là, en face, et si proche de moi. Mon visage reste impassible, comme à mon habitude, puis quelques mots sortent de ma bouche en guise de réponse.

« Mon Nom est Ignis, et je doute que cela t’avance n’est-il point ? Quoi qu’il en soi, j’ai à faire. Libre à toi de me suivre ou de rester planter là, les pieds enracinés dans la terre. Mais si tu veux mourir alors, je te conseille de m’accompagner, les événements à venir, risquent de finir par avoir ta peau. C’est selon… »

C’est dit, rien de plus me retient vers lui, alors, je commence à avancer, puis prends la direction du court d’eau, au nord. Par chance, ici, la brume n’est point perceptible, pourtant elle rôde, je le sais. Je vais profiter de cet interstice pour sonder les lieux. Si ici, je me retrouve, c’est sans nul doute pour une raison bien précise. Par contre, pourquoi avec lui ? Je n’arrive guère à le comprendre. Finalement, ce n’est que détail. Il faut dès lors, que je me remémore la fois précédente.

Le Rituel …. J’ai quelque chose à trouver en ces lieux…


Quelque chose m’appelle, et au grand damne de moi-même, c’est lui là-bas. C’est lui qu’on me force à regarder. Lui, qui se nomme Naxorm….

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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Jeu 26 Avr 2012 - 19:16

Sa réponse ? Vive. Piquante. Brûlante. A l'image de son nom. Elle ne s'en doute pas mais elle a attisé avec vigueur le brasier de ma chair par ses quelques mots. Il fait sombre mais pourtant au clair de lune je distingue son visage, puis sa silhouette lorsqu'elle s'éloigne.. Croit-elle s 'échapper ? Sans doute pas, au contraire, elle préfère, comme les autres, se précipiter avec empressement vers les funestes étreintes que lui promet la nuit.

Mes lèvres esquissent un mouvement avant de se figer.
Mes mots s'envolent..
S'il n'y avait qu'eux..

Je jette un regard en arrière, comment et par où suis-je arrivé ? A pied voilà chose certaine, mais je m'interroge sur la distance qui me sépare du lieu originel de la réception. Quelques pieds, plusieurs milles.

« Est-ce dans vos habitudes de donner pareille réception ? Où sont donc les invités et autres ménestrels ? Où sont les gibiers et autres mets ? Où se dissimulent vos femmes ? »

Mon sourcil droit se fronce tandis que le gauche se surélève. Je m'apprête à sermonner celle qui me fait face avant de figer mon regard dans les méandres de sa chevelure flamboyant sous les rayons de lune. Ignis. Nouvelle donnée. Mon cerveau tente de reétiqueter la silhouette. Toutefois le mécanisme coince, s'est-il enrayé devant l'affluence de tant d'informations en si peu de temps ? Voilà qui est fort possible, mais de cela, j'ignore tout. Je continue de dévisager celle qui m'est étrangère et familière à la fois. Mon visage se pare de mimiques antithétiques. Les discerne t'elle ?

Le sang s'épanche de mes joues, ma chair s'est réchauffée. Sans doute trop. Des perles de sueur tentent de gagner terre en s'élançant de mes mèches brunes.

Mon corps se meut, me fait me rapprocher du cours d'eau. Ma main s'y jette, joue dans l'onde avant de ressortir mouiller mon front. Je me méprends en apercevant une fée d'eau me lancer un clin d'oeil aguicheur. Quoique ? La petite malicieuse s'enfuit en sautillant, effectuant une roue avant de disparaître dans un buisson jouxtant la rivière. Je commence à douter de mon illusion. Mon esprit certes tortueux n'aurait pas été jusqu'à imaginer la créature effectuer un tel enchaînement. Intrigué, je m'interroge puis afin d'obtenir un avis extérieur sur la question, je me remémore brusquement la présence de la femme rousse, je me retourne alors, lui souris et déclare sur un ton monocorde « J'ai faim. ».
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Ven 25 Mai 2012 - 18:53

La clarté de la lune, elle n’est rien comparée aux étoiles, malgré cela, elle ose timidement allonger son faible éclat pour étayer la rivière qui d’un mouvement lent fait remonter quelques maigres vaguelettes. J’ai décidé de ne pas laisser aller mon regard se poser sur l’étranger. J’ai préféré en l’instant, me perdre dans ce sombre horizon. Ici, la brume, n’a pas encore déposé sa marque, cela ne saurais tarder, aussi, il ne reste plus que la hâte.

Et puis, c’est l’écho de sa voix qui me parvient et me martèle l’esprit sans relâche. De ses mots, une étrange explosion demeure. Elle ne parvient pas à s’atténuer, jusqu’à ce que j’avance vers lui, puis le toise du regard.

« Et qu’est-ce que cela changerait à la situation dis-moi que de savoir si nous organisons souvent de telle réceptions ? Ne te cache point dans de de si futiles paroles. Cela t’excite n’est-ce point que de savoir qu’il y a péril, du moins, une partie de toi ne le réfute guère, ais-je tort ? »

Mon visage sous un sourire carnassier s’éclaire.

S’il savait, s’il savait ce que nous les Constellations sommes, il n’aurait point à quémander ce genre d’informations. Il saurait, que nos réceptions sont inoubliables, qu’elles savent transporter bien plus loin qu’il est possible d’imaginer. Les femmes, la victuaille, l’alcool et puis le reste … Oh oui, le reste …

Je suis plongée dans tout ce qui fut, et pourtant, je remarque qu’il m’observe avec insistance. Cela aurait le don, de m’échauffer. Et alors, là ? Est-ce bien quelques contradictions qui s’esquissent à même ses traits ? Je souris d’une autre manière cette-fois- ci, car cela me remémore d’autres instants. Oui, c’est bien à toi que je pense stupide Guerrier d’Eolia. Alors, je ne peux m’empêcher de lui envoyer cette phrase.

« Crois-tu savoir qui je suis Sorcier ? As-tu donc l’impression de déjà m’avoir croisé ? Le vent t’a-t ‘il donc parlé ? »

Je ravale un rire sardonique. Car l’instant n’est guère propice aux effusions.

J’arrive à discerner quelque chose en lui, cependant, je n’arrive guère à dire quoi. Avant même que je ne puisse davantage rechercher sur son visage, il se détourne, puis s’approche de la rivière. Il y trempe sa main, et … Mais est-ce vraiment le moment de s’amuser ? Un soupire agacé finit par s’échapper de ma bouche, pour l’accompagner, ma tête effectue un mouvement de négation. Et puis finalement, cette phrase. Mais que veut-il donc ?? La faim ?

« La faim, elle tiraille sans cesse, sans même qu’on puisse le décider. Un instinct primaire de survie, Un besoin vital, ou que l’on soit, ou que l’on se dirige, il en va toujours de même. Pour toujours et à jamais, elle appelle. Qu’importe de ce que l’on se nourrisse. Elle est toujours là. »

C’est en avançant lentement en sa direction que j’use de ses mots, jusqu’à ce que je sois à sa hauteur, jusqu’à ce que mon visage effleure le sien. Et puis, jusqu’à ce que je finisse par lui céder un sourire enjôlant. Ceci fait, je me retourne puis par-dessus mon épaule, je le regarde.

Point ne sais si il va saisir le contenu de mon verbiage. Et c’est ceci qui m’amuse. J’attends également un signe, un pas, pour savoir si oui ou non il est décidé à m’aider dans cette quête. Trouver, trouver ce qui manque, et puis enfermer Nebel.

Malgré cela, je n’ai guère toute la nuit. Lorsque l’aube arrivera à percer le brouillard, il sera trop tard.


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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Jeu 31 Mai 2012 - 19:29

Qu'importe de ce que l'on se nourrisse.. Sa parole.. Ses conséquences.. Je repousse au loin les images qui font surface. Pas ça, pas maintenant. Plus jamais. Et même, c'est incontestablement hors de ma portée. Son petit manège m'agace, c'est elle seulement ce qu'elle remue en moi. Sans doute, elles se complaisent toutes dans la souffrance.. Et aiment en dispenser aux autres. Mais cette nuit je suis las. Si moi je suis affamé – oui faim de tout..Schhh - cette pourriture doit l'être tout autant.

«  Il crève la dalle. Que comptes-tu faire ? Lui faire bouffer une de ces choses immondes qui pourraient lui causer un petit dérangement d'intestin.. »

Je sens sa présence, mais continue de jouer avec l'onde. J'ai comme l'impression que bientôt en plus d'être assailli par la faim, la soif se fera ressentir plus que jamais. Un soupir s'échappe de mes lèvres.

«  Tu n'aurais pas un nom de vipère que l'on pourrait ma foi sacrifier.. Juste histoire de se débarrasser de deux nuisibles en même temps.. »

Je souris mais je ne pense pas qu'elle puisse parvenir à le distinguer. Un instant, j'ai la funeste pensée que c'est de moi qu'elle compte se servir.. Grognement. Oui j'ai bien envie de crever, mais il est hors de question que d'autres que moi prennent cette initiative. Et puis, me saute aux yeux, la faiblesse de ma condition. Comment pourrais-je bien faire face à cette chose ? Pauvre bonhomme.

Je me relève et me retourne. Sa chevelure ondule dans la faible brise. Des serpents.. Couleur feu. Cette femelle ne m'inspire rien qui vaille. Mais ce n'est pas à jouer l'enfant que je m'en sortirais, mieux vaut pour moi que je lui montre qui je suis, peut-être est-ce ainsi ma seule échappatoire. Mes poings se referment, un sourire de nouveau pare mes lèvres. Je m'avance, la contourne pour lui faire face.

«  Qui ? »

Son visage reste impassible. Je continue.

«  Quand ? Et comment ? »

Toujours rien.

«  Ne me dis pas que tu ne sais pas comment t'y prendre ? » Une envie folle de la mettre à bout m'étreint, je ne sais de quelle force elle est dotée, mais je redoute déjà de ne pouvoir y faire front. Son regard toutefois braqué dans le mien, elle demeure silencieuse. Pensive peut-être ? Son calme attise mon impatience. Que fait-elle là alors que d'autres se meurt ? Pourquoi diantre, demeure t'elle à mes côtés ? A t'elle peur que j'en finisse ? Ou cherche t'elle quelque chose ? Je jette un regard furibond autour de moi, avant que ce premier s'ancre définitivement dans le sien.

« Que fais-tu ici ? »

Il me semble percevoir un éclair furtif dans ses yeux.. Puis plus rien. Des Constellations je ne connais rien, des entités maléfiques encore moins, mais pourtant je me creuse l'esprit en quête de réponse à une unique question.. Que puis-je bien faire ? Je n'en sais foutre rien. Cela m'exaspère. Mes mains humides se lèvent avec vivacité. Mon regard dans le sien.. Toujours. Elle ne réagit pas. Puis elles se jettent dans mes cheveux, les malmènent et finalement retombent mollement.

J'ai une pensée pour.. ? Mon lézard. Son nom me reviendra plus tard. A t'il mangé ? Où est-il ? Vit-il encore ? ..

Ces interrogations ne sont là que pour me donner bonne conscience. A vrai dire, seul moi m'importe, moi et ma survie.
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Ignis
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Mar 23 Oct 2012 - 17:28

Quel stupide mâle, autant que toi Guerrier, autant que toi !! Je le laisse à ses jeux enfantins, moi, je sais ce qu’il faut faire. Saloperie de Nebel, pourquoi m’as-tu enfermé ici, avec ce bâtard ! Il ne vas guère rien m’apporter de plus … A moins que …

Alors, je souris, et puis, une idée m’effleure l’esprit. Je n’ai guère le temps de me retourner que Naxorm arrive à ma hauteur. Il m’agace, et bien plus que cela, il me harcèle de questions qui ne feront en rien avancer les choses …. J’hésite un instant avant de finir par répondre.

« Qui ? Il se nomme Nebel. Quand ? Cette nuit, comment, je l’ignore ! Je te conseille de baisser d’un ton Sorcier, il me serait si facile de te donner en pâture à Nebel ! Méfie-toi de moi ! Si je ne parviens guère à mes fins, alors, c’est toi qui en subiras les conséquences. »

Un rire extatique s’échappe de ma bouche, puis ma tête bascule en arrière avant de reprendre sa position initiale.

« Ne sois pas stupide Sorcier, je sais comment m’y prendre, cependant, il faut que je trouve tous les éléments manquant. Je te conseille vivement de m’aider si tu ne veux point finir sur une planche de torture. Tu as l’air perdu Sorcier, ne me dit point que tu as peur, peur de ce qui pourrait t’arriver, je sais qu’au fond tu caches quelque chose que tu ne veux point montrer en cet instant. Tout est question de survie. Aussi, je me laisserais envahir par mes instincts primaires, c’est tellement plus jouissif. »

Ce que je fais ici ? Par tous les Démons de l’Enfer serait-il fou pour oser me demander ceci ? Je suis partagée entre l’envie de lui cracher au visage, et entre l’envie de l’enfermer au temple ! Baron saurait déjà quoi faire de lui ...

Qui est-il donc pour oser me défier ainsi ? Un geste incontrôlable s’empare de mes mains, l’une d’elle recherche ma dague, et l’autre empoigne la chevelure de mon interlocuteur. Je finis par la trouver, dans la continuité du mouvement, j’appose la pointe de mon arme contre sa gorge, lui tire brusquement la tête en arrière et passe ma langue sur mes lèvres.

« Tu as du courage Sorcier, si l’heure n’était point grave, je crois que je saurai quoi faire de toi. Je suis Ignis, Nécromancienne des Constellations, et Gardienne du temple ! N’oublie jamais ceci ! Si tu as terminé de m’houspiller avec tes questions inutiles, nous pourrons alors nous mettre en quête de ce qui nous manque ! On doit trouver quelque chose, et je suis quasi certaine que ce quelque chose se trouve dans les fonds de la rivière. »

Autre chose à faire …. Il est vrai… Je relâche mon étreinte brusquement, puis range mon poignard. Les fonds de l’eau. Recherchons donc … Je ne prête guère attention à l’étrange bruit qui me parvient. Un flash me fustige l’esprit … Anamaya …. Ni morte, ni vivante, pourquoi maintenant ? Pourquoi ? Est-il l’heure de la réveiller ? Plus aucuns doutes. Il faut que je l’avertisse alors j’ouvre la bouche pour en sortir une phrase … Je suis interrompue quel est donc ce bruit, du sol ? Ça rampe ?

Naxorm , il va s’en prendre à Naxorm, le sourire en coin j’observe …. Et puis finalement, je laisse échapper quelques mots.

« Derrière toi Naxorm, ou peut-être bien dessous toi. Use donc de ton instinct pour te sortir de ce mauvais pas …. »

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Naxorm
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MessageSujet: Re: De l’autre côté de La rivière    Mer 14 Nov 2012 - 21:14

L'épreuve de la torture ? N'y suis-je pas déjà soumis ?! Vaste blague. Que de mystères, de cachotteries, d'ignorance. Tout ceci m'énerve prodigieusement. Si elle sait à quoi s'attendre et en retire manifestement une certaine excitation, pour ma part je me maudis d'être venu ici. Ma place aurait du être dans les bras d'une fille de joie. Si j'ignore encore réellement les profondes raisons qui m'ont amené ici, je sais que je n'y ai pas trouvé ce que je voulais. Alors quand, d'un geste brusque, elle me malmène me menaçant d'une dague, j'enrage. Davantage encore quand sa langue joue sur les bords de mes lèvres. Je m’apprête à lui asséner un violent coup de pied, quitte à ce que sa lame entaille ma chair. Je suis excédé, et cela elle va devoir le comprendre. Son parfum, sa personnalité, c'est trop. Trop pour moi. J'étouffe. Mais déjà son étreinte se relâche.

Je tâte mon cou à la recherche des traces qu'elle aurait pu me laisser, et la fixe d'un regard furibond. Son arme a disparu dans les plis de sa robe, j'aurais plus de chance. Mes muscles se tendent. Ils savent ce qu'ils ont à faire, me rapprocher rapidement, l'empoigner et lui briser la nuque. Son regard pourra bien se faire rieur, son expression se figera et ce sera à mon tour de m'esclaffer. Puis une sensation glaciale m'étreint, sans qu'elle ait encore parlé, mes genoux se sont fléchis, ma cible a changé.

« Derrière toi Naxorm, ou peut-être bien dessous toi. Use donc de ton instinct pour te sortir de ce mauvais pas …. »

Le ton avec lequel elle profère son conseil finit d'attiser ma colère, colère que j'évacue en hurlant. Ce foutu démon serpent ? Le dénommé Nebel ? Un de ses sbires ? Je n'ai que mes mains pour faire face à mon adversaire invisible. Certes la brume s'est dissipée mais je ne le distingue pas pour autant. La sorcière demeure immobile devant moi, tandis que mon regard balaie frénétiquement les environs. Mon cri s'abrège, je retiens alors ma respiration, laissant s’amonceler ma colère pour mieux la libérer dès que la chose se sera manifestée. Rien. Rien que ce foutu silence, même si non loin de là, je le ressens, quelque chose se trame. Tapi dans la semi obscurité, elle attend le moment propice pour se jeter sur moi. Il me faut la débusquer en premier, me donner l'avantage dans la bataille. Mon regard s'arrête toutefois sur mes mains crispées en avant, piteux mais unique bouclier dont je dispose. Mais je sais que ma rage, ma folie pourront me servir, du moins je l'escompte. Tenter déraisonnablement ma chance une nouvelle fois. Mes souvenirs, l'aberration qu'est mon existence.. Mes seules armes.

« Et bien approche enfoirée de chose que tu es. »

Je me retourne brusquement conscient que la chose pourrait aussi arriver par mes arrières.

« Tu sais ce qui me fait rire ?! Non bien sûr.. Et bien sache que quoiqu'il advienne je ne me souviendrais pas plus de toi que de celle que j'ai fouraillé hier soir, si tant est qu'il ne s'agissait pas d'un homme.. ! »

Un crachas au sol achève ma provocation.

«  Sale vermine. »

Un sifflement se fait entendre, d'un seul mouvement je me retourne, sourcils froncé, front strié. Une volute de fumée s'élève, et la toile du paysage se déchire, laissant apparaître une main aux griffes acérées qui me fait signe d'approcher. Il n'en faut pas davantage pour que je me rue vers mon trépas.

Et tandis que mes bras se referment sur le vide, le contact du membre se fait ressentir sur mon mollet. Des larmes de sang s'épanchent des traces de l'étreinte démoniaque, ma jambe faiblit et mon genou gagne terre. Un rire infernal égratigne mes oreilles que je tente vainement de protéger de mes mains. Mes yeux se referment, et j'évalue les solutions qui se proposent à moi, fuir, combattre, trouver la chose, la détruire.. Puis je repense, à elle, à cette sorcière. Je sors de mes réflexions pour plonger mon regard sur cette silhouette immobile. Tandis que mon visage reçoit la griffure profonde d'une main invisible, je lui hurle «  Et bien qu'est-ce que tu attends ?! La rivière, plonge donc sorcière ! », propos qui s'achèvent en un gargouillis, mes lèvres s'étant déchirées sous l'assaut de mon adversaire.

Ma vision se brouille, je sens le sel de mes larmes sur mes plaies. Puis-je réellement compter sur cette femme ? Autant que sur moi, c'est dire..

Je tente de me redresser, mais un nouveau coup meurtrit ma jambe encore valide. Cette fois ci je ne peux réprimer un gémissement de douleur.

«  Cela ne te suffit pas de te mesurer à quelqu'un qui t'es inférieur en force, il faut en plus que tu te dissimules ! Lâche que tu es ! »

Devant mon regard brumeux, se matérialisent progressivement les formes d'une silhouette squelettique. Toutefois je doute que ce qui se dresse là ait été un jour humain. Je n'attends pas que les contours se dessinent pour m'élancer, jambes flageolantes. Je me jette en avant, enlace la chose, qui se débat et tente de me repousser. Or ayant pris mon élan, la chose semble basculer sous mon poids. Je l'ai, je l'ai !
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